Plage de Fteri : la 2e plus belle plage au monde (et pourquoi elle mérite l’effort)

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Certaines plages, on s’y rend en voiture. La plage de Fteri, elle se mérite.


Cachée dans une crique de la côte nord-ouest de Céphalonie, Fteri n’a aucun chemin qui y mène directement, et rien ne vous y attend une fois arrivé, à part le paysage. Ce qu’on y trouve : des falaises de calcaire blanc qui s’élèvent tout autour d’une eau si claire et si turquoise qu’elle semble presque irréelle, même vue de ses propres yeux. C’est le genre d’endroit qui rappelle pourquoi l’isolement et la beauté vont souvent de pair.


C’est officiel maintenant : Fteri vient d’être nommée deuxième plus belle plage au monde par The World’s 50 Best Beaches, un classement établi à partir des votes de plus de 1 000 professionnels du voyage, et repris notamment par Forbes. Elle décroche aussi la première place en Europe. Les juges ont décrit une plage magique, au décor spectaculaire, et après y avoir mis les pieds, difficile de les contredire.


S’y rendre : en bateau ou par une randonnée de 45 minutes


Il y a exactement deux façons d’atteindre Fteri, et aucune des deux n’est banale.


En bateau. C’est de loin l’option la plus populaire, et avec raison : elle vous dépose directement sur la plage de galets, sans le moindre effort. Les bateaux partent du port de Zola, où opèrent deux compagnies de taxi-bateau :


• Fteri Water Taxi — l’option la plus connue et la plus demandée. Justement pour cette raison, elle se remplit vite, surtout en milieu de journée pendant la haute saison. Ne comptez pas pouvoir simplement vous présenter et avoir une place garantie.


• Fteri Luxury Water Taxi — les deux kiosques sont pratiquement côte à côte au port, donc ce n’est pas une option cachée, elle est simplement moins connue. Un petit kiosque brun, facile à manquer si on ne cherche que le nom le plus populaire. On est même passés devant sans s’arrêter, avant de faire demi-tour : notre hypothèse, c’est que la plupart des visiteurs présument que ce kiosque est complet lui aussi, comme l’autre, et ne prennent même pas la peine de demander. Bonne chose qu’on ait rebroussé chemin. Je m’y suis présenté à 14h sans réservation, presque certain de me faire dire non, et on m’a trouvé une place pour le départ de 14h30. Le personnel était accueillant, sans aucune attitude de deuxième choix, et la carte de crédit est acceptée, pas besoin de courir après du comptant.


Ce qu’il faut retenir : ne vous limitez pas à l’option la plus connue si elle est complète, et ne présumez pas que l’autre l’est aussi juste parce que tout le monde semble passer devant sans s’arrêter. Elle est juste là, aucun détour requis, et la traversée est tout aussi impressionnante peu importe le service choisi, avec les falaises qui montent de chaque côté à mesure que le bateau entre dans la crique.


À savoir avant de réserver : ça nous a coûté 40 euros aller-retour pour deux personnes, et le retour n’est pas flexible. On vous assigne une heure de retour précise, impossible de simplement monter sur le prochain bateau venu. Prévoyez votre temps sur la plage en conséquence.


À pied. Pour ceux qui préfèrent éviter le bateau, un sentier descend jusqu’à la plage, environ 45 minutes dans chaque direction. C’est abrupt et sans ombre, donc une vraie randonnée, pas une promenade : bonnes chaussures, beaucoup d’eau, et un départ tôt si vous y allez en pleine chaleur d’été.


À quoi s’attendre une fois sur place


Rien. Et c’est justement ça, l’attrait.
Pas de restaurant, pas de bar, pas de toilettes, pas de location d’équipement. Ce que vous apportez, vous le rapportez, déchets inclus, puisque c’est en gardant Fteri aussi intacte qu’elle a mérité ce classement. Prévoyez de l’eau, des collations, de la crème solaire et une serviette, parce qu’il n’y a aucune boutique pour vous dépanner si vous oubliez quelque chose.
En échange, on a droit à une plage qui garde son côté sauvage. Les falaises encerclent la crique presque comme pour la protéger, la plage de galets et de sable descend doucement vers une eau si transparente qu’on voit le fond changer de couleur en profondeur, et à part le murmure des autres baigneurs, il n’y a que le vent et l’eau. Pas de musique, pas de foule, pas de parasols qui bloquent la vue.
L’eau elle-même se démarquait aussi : de toutes les plages visitées à Céphalonie, c’était la plus chaude, et de loin. La crique abritée y est sans doute pour quelque chose, mais peu importe la raison, la baignade n’en était que meilleure.


Conseils pratiques


• Partez tôt ou prévoyez un plan. La haute saison (juillet-août) est achalandée et les bateaux se remplissent vite. En visitant en juin ou en septembre, vous gagnez en tranquillité sans y perdre grand-chose.


• La carte de crédit fonctionne. Pas besoin de comptant pour le kiosque de billets qu’on a utilisé.


• Prévoyez autour de 40 euros aller-retour pour deux. Le prix peut varier selon la saison ou le service, mais c’est ce qu’on a payé.


• Confirmez votre heure de retour avant de partir. Le retour n’est pas premier arrivé, premier servi : on vous assigne une heure précise, et il faut être au point de rencontre à ce moment-là. Impossible de simplement monter sur n’importe quel bateau qui repasse.


• Si l’option populaire est complète, essayez l’autre, sans présumer qu’elle l’est aussi. Facile de passer devant sans s’arrêter, on a failli le faire, et c’est probablement pour ça qu’elle reste plus tranquille même en haute saison.


• Protégez-vous du soleil. Sans parasols ni structures d’ombre, vous êtes exposé pendant toute la visite.


• Respectez la règle du zéro trace. C’est en grande partie parce que Fteri ne semble pas surfréquentée qu’elle se classe deuxième au monde. Gardons-la ainsi.

Plage de Fteri


Adresse : Plage de Fteri, Céphalonie, Grèce (accessible en bateau depuis le port de Zola, ou par un sentier de randonnée de 45 minutes; aucun accès routier)


Ambiance : Sauvage, isolée et intacte — falaises blanches spectaculaires, eau turquoise, aucune commodité


Terrain : Galets et sable


Site web : Aucun (pas de site officiel; les kiosques de billets sont sur place au port)

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